Comment se déroule un atelier avec les enfants ?

Mis à jour : mars 24


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La pratique d’un atelier philo avec les enfants débute par 5 min de pratique de l’attention. En fonction des âges, cette pratique sera variée, allant d’un jeu de main, à l’attention sur sa respiration, à de la cohérence cardiaque.

Cette pratique permet aux enfants de se recentrer, de calmer les agitations qui ont pu les stimuler, et de les mettre dans les meilleures conditions pour commencer la discussion. Et c'est bien utile, surtout si l'atelier se passe après une bonne récréation bien mouvementée, avec Julie qui a dit à Sophie que Martin avait dit que Franck était amoureux d'elle (je sais pas vous mais j'aurais adoré entendre ce potin en live).


Et au bout de quelques séances, ils saisissent les bienfaits d'une telle pratique majoritairement! Car je leur laisse l'opportunité d'exprimer ce qu'ils ont ressenti pendant la pratique, et nous nous amusons parfois à nommer nos émotions. Je les invite à nommer ce qu'ils ressentent quand je vois entrer certains enfants avec un regard dans le vide, une position fermée, des yeux un peu rouge, un visage crispé de colère. Libre à eux d'exprimer la cause ou de se taire. Mais ils peuvent dire ce qu'ils ressentent. Et en général, 5min après, ils reviennent au groupe, à l'atelier et participent plus volontiers.


Après ces quelques minutes de pratique de l’attention, au tout premier atelier nous commençons par définir la philosophie, par des jeux de questions, et nous posons ensemble les besoins de chacun pour permettre une discussion sereine. On pose le cadre, dans lequel les enfants vont évoluer tout au long des ateliers. Le but est de faire vivre ce cadre, en le rappelant, en le faisant évoluer, en montrant que son existence n'est pas une contrainte supplémentaire pour les transformer en enfants sages, mais pour les aider à avancer dans une discussion. Dans une école où la punition est de rigueur, dans les deux groupes de classe, les enfants m'ont demandé:

"Madame, il se passe quoi si on ne respecte pas ces règles?

- Bah il ne peut pas y avoir d'ateliers de philosophie. Si les ateliers vous plaisent, ce sont ces règles qu'il faut suivre. Et ce ne sont pas mes règles, ce sont les vôtres, vous me les avez dites vous même. Donc je ne vais pas vous punir si vous ne respectez pas vos propres règles. Mais on devra arrêter l'atelier".


Petite parenthèse

Alors OUI, j'ai la chance d'être une intervenante extérieure et de pouvoir dire "ok bon ben désolée on ne peut pas philosopher, merci, au revoir!" alors qu'un enseignant ne peut pas le faire puisqu'il est la seule personne sur le terrain. Oui, je l'admets. Mais je ne suis pas votre ennemie! Dites-vous bien (si vous êtes enseignant), que cette façon de les responsabiliser peut impacter dans d'autres sphères:

"Tu ne veux pas travailler? Ok très bien je ne peux pas te forcer: mais voici les choix que tu auras à faire par la suite... Tu es libre maintenant de prendre ta décision. Et si tu as besoin d'aide je serai présente."


L’animateur part ensuite d’une histoire, d’un dessin, ou d’une question, et tâche à ce que les enfants argumentent leurs réponses, et réactualise les questions si les enfants ne parviennent pas à quitter l’expression de leurs simples anecdotes.

Et j'en entends beaucoup! Ils adorent parler d'eux et de leurs expériences. Et c'est un très bon point de départ pour discuter et philosopher.


L’animateur n’a pas vocation à imposer ou à diriger vers une idée qui serait la sienne ou celle de l’enseignant. L’enfant doit être libre de penser. Il n’est question que de méthode philosophique : penser, c’est questionner son opinion de départ, la confronter aux autres, et la transformer en idée. Tel est le but de l’atelier à visée philosophique. L’animateur prépare ses ateliers en amont bien évidemment, pour se questionner et se libérer lui-même de ses préjugés, mais aussi pour pouvoir animer l’atelier et avoir une direction où aller si ça ne décolle pas naturellement. Il doit aussi étudier, pour apporter quelques éclairages ci et là aux enfants (situer des philosophes dans le temps, sans exigence que l’enfant retienne quoique ce soit. Les ateliers n’ont aucune visée didactique en ce sens, l’animateur n’enseigne pas, tout au plus il enrichit les connaissances de l’enfant, ou son vocabulaire si il éprouve des difficultés à nommer une idée).


Durant l'atelier, on peut utiliser des rôles pour diminuer le nombre de participants au débat, car discuter à 20 c'est assez compliqué!

Il y a plusieurs rôles: le dessinateur, le secrétaire, le reformulateur, le donneur de parole, le gardien des règles, etc.

Mais ce n'est pas parfait comme méthode, car certains enfants peuvent considérer ces rôles comme un moyen de faire leurs petits dessins et de papoter entre eux. Or, les rôles doivent être une autre façon de participer à l'atelier et d'entraîner à l'écoute, à la synthèse de parole, à la reformulation et à la restitution d'une parole de groupe qui ne se veut pas nominative. C'est crucial, et quand c'est bien fait, ça élève la parole des enfants à un récit philosophique. Ça montre le cheminement de la pensée de façon plus poétique.

Les rôles viennent conclure la discussion en retraçant ce qui a été dit, ou alors peuvent introduire la séance prochaine pour continuer la discussion si elle n'est pas terminée.

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