A partir de quel âge puis-je organiser un atelier à visée philosophique ?



Les ateliers commencent à partir de l’age de 5 ans, jusqu’à 17 ans. Ils viendront s’adapter aux âges des enfants bien entendu. On ne philosophe pas à 5 ans comme à 8 ans (Et pour les adolescents, c'est même une toute autre paire de manche). D’ailleurs, ce qu’on appelle l’âge de raison fait sens ici. Il est beaucoup plus aisé de faire parler les enfants d’un sujet et de les entendre s’élever dans le monde des idées, quand ils ont 7 ou 8 ans. C’est un vrai changement qui s’opère et qui leur permet de philosopher puisqu'ils acquièrent les capacités d'abstraction. Encore faut-il travailler ces capacités, et de mon expérience, je perçois des grandes inégalités selon l'école où je vais.


En ce qui concerne le temps de l’atelier


30 min pour les plus petits (pratique de l’attention comprise) et jusqu’à 1h pour les 9/10 ans, et plus pour les collégiens. Car les plus petits petits ont besoin de varier leurs activités durant la journée, ils ne peuvent pas rester à la même chose trop longtemps.

Après tout dépend de la méthode: si on utilise une histoire, on peut faire un temps de compréhension de l'histoire, et venir à la discussion ensuite. On peut donc faire une séance de 45 min avec les plus petits si on sent que c'est possible pour eux.


Alors pour les plus petits, ça peut être compliqué d'animer un atelier de philosophie car il faut beaucoup questionner! Petit exemple partagé par ma promotion de formation Sève, une animatrice raconte:

Ils parlent du bonheur, et en demandant ce que c'est que le bonheur, un enfant répond: "le bonheur c'est quand je vais chez le dentiste". Bon, c'est pas spécialement évident au premier abord mais c'est pas sorcier non plus.

Moi je pensais que peut-être le dentiste donnait une friandise sans sucre à l'enfant, ou un ballon, après les soins, ce qui ravit l'enfant. Auquel cas, ici, le bonheur de l'enfant serait considéré comme un petit plaisir ou une récompense, et on pourrait distinguer le plaisir du bonheur ( la distinction conceptuelle, c'est carrément philo ça).

Mais il peut également s'agir (et c'est Patrick Tharrault note formateur qui a énoncé cette idée) de la disparition d'une douleur. Le dentiste le soigne, il n'a plus mal aux dents. Avant j'avais mal, j'étais malheureux, ensuite je n'avais plus mal, j'étais heureux. Dans ce cas là, le bonheur se rapproche comme étant un état où règne l'absence de trouble physique, une sensation d'apaisement qui a vocation à durer. Le bonheur, c'est quand on ne souffre pas. Donc on sait déjà que le bonheur n'existe pas si on souffre, et que sans souffrance, il n'y a pas de reconnaissance du bonheur. Le but est de questionner l'enfant pour l'aider à formuler son idée de plus en plus précisément, même si il n'utilisera pas ces termes là.

Alors il y a une part d'interprétation de l'animateur, mais c'est tant mieux puisque cela montre aux enfants comment on pratique la philo et quelle est la gymnastique de l'esprit, et puis ça permet de questionner l'enfant! Il se passe quoi chez le dentiste? Tu avais mal et après tu n'avais plus mal? Et comment tu as reconnu que c'était le bonheur?


J'en profite pour dire: vous pressentez les bienfaits d'aider un enfant à reconnaître les signes du bonheur? je pense que comme apprentissage dans la vie, c'est un outil plutôt intéressant.


Tu veux essayer chez toi avec ton enfant? Regarde l'onglet "les thèmes des ateliers", tu trouveras plein de contenu et de questions pour lancer des débats houleux à table et passer une super soirée!

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